Réglementation
IFRS 9 et classification BAM des créances
Deux grilles, deux questions : ne pas les fusionner dans un prix.
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- Serenor Capital
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IFRS 9 organise le risque de crédit en stages pour le provisionnement comptable. Bank Al-Maghrib organise les créances en souffrance selon une grille prudentielle propre. Un portefeuille peut être stage 3 au sens comptable et encore appeler une analyse fine de récupération économique. L’inverse existe aussi selon les politiques internes. Le prix d’acquisition ne peut pas être déduit d’un stage seul.
Deux finalités
La classification BAM sert d’abord la supervision et le provisionnement prudentiel minimum. IFRS 9 sert l’image fidèle des pertes de crédit attendues dans les états financiers. Les deux peuvent converger empiriquement sur certains dossiers ; elles ne sont pas conçues comme des synonymes.
Pour un acheteur, la question n’est pas « quel est le stage ? » mais « quels flux, quels délais, quels coûts et quelles autorités de règlement restent après cession ? ». Le stage est un signal. Ce n’est pas le modèle.
Ce que le tape doit séparer
Un tape utile distingue, lorsque l’information existe, la classe prudentielle, le stage comptable, la date d’entrée en souffrance et le montant provisionné. Si une seule colonne mélange ces notions, l’analyste reconstruit à l’aveugle.
La couverture de 68 % publiée par Bank Al-Maghrib fin 2025 pour le stock de créances en souffrance est un agrégat prudentiel. Elle n’est pas un taux de provision IFRS 9 portefeuille par portefeuille, ni un prix de cession implicite.
Passage à la valeur économique
La méthode Serenor de valorisation part des flux de récupération, pas du stock de provisions. Une provision élevée peut coexister avec une récupération encore matérielle, et l’inverse. C’est le sens de la distinction entre provision comptable et valeur économique développée ailleurs sur ce site.
Lorsqu’un cédant communique uniquement des stages IFRS 9, la due diligence doit reconstituer la grille opérationnelle : sûreté, procédure, contact, autorités de règlement. Sans cela, le stage devient un substitut trompeur de l’analyse.
Ce qu’il ne faut pas conclure
Cette note ne hiérarchise pas IFRS 9 et BAM. Elle refuse seulement leur fusion dans un prix. Le projet de loi 02-26, non promulgué, ne change pas non plus cette discipline de lecture.
Aucun taux de conversion stage-vers-prix n’est proposé. Toute offre reste un travail de portefeuille.
Dans la même série
- Classification BAM
- Valorisation de portefeuille
- Créances en souffrance au Maroc
- Découvert bancaire en souffrance au Maroc
- Taux de sortie des créances en souffrance
Cette note décrit une méthode de lecture. Elle ne constitue pas un conseil juridique, fiscal ou d’investissement, ni une opinion sur un dossier particulier. Serenor Capital n’achète pas de créances pour compte propre, ne gère pas de fonds et n’exerce pas le recouvrement.
Sources et références
- Bank Al-Maghrib, Rapport annuel sur la supervision bancaire, exercice 2025 — PDF
- Bank Al-Maghrib, Circulaire n° 19/G/2002 du 23 décembre 2002 relative à la classification des créances et à leur couverture par les provisions, telle que modifiée — PDF
- Circulaire n° 1/W/2025, adoptée le 5 décembre 2025, effet au 1er janvier 2027. Elle ne retraite pas les chiffres 2012–2025 commentés ici.
- Dahir formant Code des obligations et des contrats (DOC) ; Code de commerce, livre V, dans sa rédaction issue de la loi 73-17, selon le sujet.
- Série publique Serenor — Morocco NPL Monitor et méthodologie
Questions fréquentes
- Le stage 3 IFRS 9 équivaut-il à une créance compromise BAM ?
- Non. Les définitions, seuils et finalités diffèrent. Toute équivalence automatique est une simplification abusive.
- La provision IFRS 9 donne-t-elle le prix de cession ?
- Non. La provision est une mesure comptable. Le prix de cession est une valeur économique actualisée des flux de récupération nets de coûts.
Évaluer un portefeuille de créances en souffrance
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Les analyses de Serenor Capital portent sur les créances en souffrance, leur valorisation et le développement du marché du crédit en difficulté au Maroc.
Cette note constitue un commentaire général sur la méthode et la structure de marché. Elle ne constitue ni un conseil en investissement, ni un conseil juridique, ni une recommandation relative à un portefeuille, une opération ou un actif financier.