Réglementation
Créances pré-douteuses au Maroc
Le premier seuil prudentiel, qui n’est pas tout le stock NPL.
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- Serenor Capital
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Les créances pré-douteuses sont l’entrée dans la grille des créances en souffrance. Les traiter comme un synonyme de « NPL » écrase deux catégories plus dégradées qui, au Maroc, portent l’essentiel du stock.
Ce que dit l’article 5
La circulaire n° 19/G/2002 du 23 décembre 2002, modifiée le 9 décembre 2004, classe en pré-douteuses les créances qui présentent un arriéré de 90 jours. Le même article vise aussi des cas qualitatifs, lorsque la situation de la contrepartie le justifie sans que le compteur de jours soit le seul critère.
Reprendre la catégorie comme « les impayés de 90 jours » est donc incomplet. Un dossier peut entrer dans la grille parce que la qualité du risque s’est dégradée, alors même que le retard comptable n’a pas atteint ce seuil. L’inverse n’est pas une règle à inventer : le texte prime sur le résumé.
Le plancher de provision n’est pas une valeur
L’article 13 fixe un minimum de 20 % pour les pré-douteuses, après intérêts réservés et après prise en compte des garanties éligibles selon les conditions du texte. Ce minimum encadre la couverture prudentielle. Il ne dit pas ce qu’un créancier encaissera, ni ce qu’un acheteur devrait payer.
Le taux de couverture publié pour l’ensemble des créances en souffrance est une autre statistique. Le confondre avec le plancher de 20 % mélange une règle de catégorie et un ratio de secteur. Les deux lectures sont séparées dans la méthodologie du monitor.
Poids dans le stock
Fin 2025, les pré-douteuses des banques, base sociale, s’élèvent à 4,9 milliards de dirhams sur un stock de 102,3. C’est la bande la plus mince de la composition. Une analyse qui s’arrête au taux de 8,3 % ne voit pas que l’entrée de grille est petite à côté des compromises.
Cette minceur ne rend pas la catégorie négligeable dans un portefeuille précis. Un tape peut être jeune, donc riche en pré-douteuses, alors que le secteur ne l’est pas. Le vintage du dossier compte plus que la moyenne nationale. Voir délai et taux de récupération.
Ce qui change en 2027, et ce qui ne change pas
La circulaire n° 1/W/2025, adoptée le 5 décembre 2025, prend effet le 1er janvier 2027. Elle ne retraite pas les stocks 2012–2025 et elle ne réécrit pas, pour ces exercices, les seuils déjà publiés.
Tant que les rapports commentés restent ceux de l’ancienne grille, la lecture d’une pré-douteuse historique se fait avec l’article 5, pas avec une anticipation du texte futur. Un modèle qui applique déjà la grille de 2027 à un tape de 2024 invente une classification que la banque n’a pas utilisée.
Dans la même série
- Classification BAM
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- Créances compromises au Maroc
Cette note décrit une méthode de lecture. Elle ne constitue pas un conseil juridique, fiscal ou d’investissement, ni une opinion sur un dossier particulier. Serenor Capital n’achète pas de créances pour compte propre, ne gère pas de fonds et n’exerce pas le recouvrement.
Sources et références
- Bank Al-Maghrib, Rapport annuel sur la supervision bancaire, exercice 2025 — PDF
- Bank Al-Maghrib, Circulaire n° 19/G/2002 du 23 décembre 2002 relative à la classification des créances et à leur couverture par les provisions, telle que modifiée — PDF
- Circulaire n° 1/W/2025, adoptée le 5 décembre 2025, effet au 1er janvier 2027. Elle ne retraite pas les chiffres 2012–2025 commentés ici.
- Série publique Serenor, base sociale, banques — Morocco NPL Monitor et méthodologie
Questions fréquentes
- Quatre-vingt-dix jours d’impayés suffisent-ils toujours ?
- Non. L’article 5 vise l’arriéré de 90 jours et, séparément, des situations qualitatives. Le seul compteur de jours ne décrit pas toute la catégorie.
- La provision minimale de 20 % est-elle un prix ?
- Non. C’est un plancher prudentiel, après intérêts réservés et garanties éligibles. Ce n’est ni le taux de couverture du secteur, ni une valeur de récupération.
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Serenor Capital accompagne les institutions financières et investisseurs dans l’analyse et la valorisation de portefeuilles de créances en souffrance au Maroc.
Les analyses de Serenor Capital portent sur les créances en souffrance, leur valorisation et le développement du marché du crédit en difficulté au Maroc.
Cette note constitue un commentaire général sur la méthode et la structure de marché. Elle ne constitue ni un conseil en investissement, ni un conseil juridique, ni une recommandation relative à un portefeuille, une opération ou un actif financier.